Tour de Corse historique : Tom Pieri s’installe aux commandes de la course

Tour de Corse historique : Tom Pieri s’installe dans le sillage du leader
Un rallye sur les routes corses peut réserver des surprises avant même que le moteur ait fini de refroidir. À Calvi, la première étape de la 26e édition a livré son premier grand duel : Raphaël Astier mène le classement, tandis que Tom Pieri s’est placé en deuxième position, au terme de deux spéciales disputées autour de la ville. Le titre de favori ne suffit pas ici : chaque virage réclame de l’attention, et le chrono ne se laisse pas impressionner par les réputations.
Les 446 concurrents engagés dans ce Tour de Corse historique ont entamé la compétition avec une journée ramassée, mais déjà riche en enseignements. Astier, au volant de sa Porsche 911, a signé les deux meilleurs temps. À chaque passage, Julien Saunier et sa R5 Maxi l’ont suivi, tandis que Pieri, dans la BMW M3, s’est installé parmi les plus rapides et s’est rapproché des commandes.
Le Marseillais connaît déjà la sensation d’être au premier rang : lors de sa première participation, en 2023, il avait pris la tête du rallye, puis avait terminé deuxième en 2024. Cette fois, la hiérarchie du premier jour le place juste derrière Astier. La nuance compte, mais elle rend la suite particulièrement excitante : Pieri est à portée du leader, sans avoir encore pris la tête. 🏁
Ce début de course rappelle aussi ce qui fait le charme du rallye historique : des voitures emblématiques, des équipages expérimentés et des écarts qui peuvent évoluer d’une spéciale à l’autre. Pour situer les forces en présence et les grands noms de l’épreuve, le tour de Corse historique 2026, entre légendes et retrouvailles offre un aperçu des enjeux de cette édition.

Deux spéciales autour de Calvi donnent le ton de la compétition
Le programme de cette première journée était bref sur le papier : deux épreuves chronométrées autour de Calvi. Mais, en rallye, une spéciale ne se mesure pas au nombre de lignes du programme. Le relief, les changements d’appui et l’état de la chaussée obligent les pilotes à enchaîner les décisions rapidement. Une trajectoire un peu large peut coûter des secondes ; une hésitation au freinage suffit parfois à laisser filer un rival.
Astier a transformé ces deux occasions en démonstration de régularité, remportant les deux scratchs. Sa Porsche 911 s’est montrée efficace sur ces routes, mais le résultat ne raconte pas à lui seul la bataille : Saunier a terminé deuxième dans les deux épreuves, et Pieri s’est maintenu au contact. La BMW M3 du pilote marseillais a donc déjà montré qu’elle pouvait jouer les premiers rôles, même si le classement général reste dominé par Astier.
Dans une course automobile de ce type, la gestion du rythme est aussi importante que la vitesse pure. Un pilote doit préserver sa mécanique sans laisser le chrono s’échapper, et lire la route comme un livre dont certaines pages auraient été froissées par le relief. Les spectateurs, eux, voient surtout le spectacle : le grondement des moteurs, les voitures qui se placent dans les virages et cette impression que la montagne participe à la course.
Pour suivre les mouvements du classement au fil des étapes, les chronos et leur évolution sont consultables dans ce point sur le classement en direct du rallye. Après cette première journée, le constat est net : Astier a pris l’avantage, mais Pieri conserve une position idéale pour mettre la pression dès que le parcours s’allonge.
Tom Pieri et la BMW M3, un duo taillé pour les routes corses
Tom Pieri attire l’attention par son engagement au volant, mais sa deuxième place provisoire repose aussi sur une voiture particulièrement adaptée à l’exercice. La BMW M3 possède le tempérament d’une sportive conçue pour attaquer : équilibre, puissance et capacité à relancer en sortie de virage. Sur les routes étroites de l’île, cette combinaison peut devenir un atout précieux, à condition de garder la voiture propre et de ne pas transformer chaque épingle en duel personnel avec le paysage.
Le pilote de 27 ans avait déjà marqué les esprits en 2023, lors de sa première participation, en occupant la tête de l’épreuve. Sa deuxième place obtenue l’année suivante derrière Julien Saunier a confirmé qu’il pouvait tenir la cadence sur la durée. Ce vécu lui donne une expérience utile, sans gommer l’incertitude propre à toute nouvelle étape : les conditions évoluent, les pneus s’usent et le moindre changement de rythme redistribue les cartes.
Le pilotage d’une automobile ancienne demande un dialogue particulier avec la mécanique. Il ne s’agit pas seulement d’appuyer davantage, mais de sentir les réactions de la voiture, de choisir le bon rapport et de préparer les virages à l’avance. Avec une BMW M3, le spectacle est aussi sonore et visuel : les passages rapides donnent l’impression que l’auto danse sur la route, même si chaque mouvement est calculé au millimètre.
Les BMW ont souvent tenu une place de choix dans la mémoire du rallye corse. L’histoire de leurs performances est évoquée dans ce retour sur les M3 engagées au Tour de Corse historique. Pour Pieri, l’enjeu immédiat est désormais clair : convertir cette belle entame en pression constante sur Astier, sans sacrifier la régularité qui fait les classements.
Astier devant, Saunier en embuscade et les anciens dans le rythme
Le classement provisoire dessine un trio de tête serré. Raphaël Astier occupe la première place, Tom Pieri est deuxième et Julien Saunier pointe au troisième rang. Thomas Argenti, lui aussi au volant d’une BMW M3, est quatrième, devant Christophe Casanova. Cette présence de plusieurs voitures rapides dans le haut du tableau promet une lutte ouverte : le duel annoncé entre Astier et Pieri pourrait rapidement devenir une bataille à quatre.
Plus loin, plusieurs noms familiers ajoutent une dimension particulière à l’épreuve. Didier Auriol occupe la neuvième place avec sa Lancia Delta, tandis que François Delecour est douzième au volant de sa BMW M3. La journée de Delecour a pris un tour spectaculaire lorsqu’il a perdu une roue quelques centaines de mètres avant l’arrivée de la deuxième spéciale. Un incident impressionnant, qui rappelle que la fiabilité et la chance comptent autant que le talent lorsque la compétition s’intensifie.
La diversité du plateau fait partie de l’identité du rallye historique. Une Lancia Delta, une Porsche 911, une BMW M3 ou une R5 Maxi n’offrent ni les mêmes sensations ni les mêmes réponses aux routes corses. Pour le public, cette variété transforme chaque passage en petite leçon de mécanique en mouvement : les silhouettes racontent différentes époques de la course, sans que l’une efface l’autre.
Après une seule étape, les écarts ne doivent donc pas être confondus avec un verdict. Astier a réalisé le départ idéal, Pieri reste tout près, Saunier demeure dangereux et Argenti attend son occasion. Le classement est déjà lisible, mais la hiérarchie, elle, n’a rien d’immuable. ⚙️
La suite du Tour de Corse historique se jouera dans la régularité
La première étape a donné une indication forte, pas une réponse définitive. Les concurrents vont devoir poursuivre sur un parcours exigeant où les longues journées, l’enchaînement des secteurs chronométrés et les changements de rythme mettent les équipages à l’épreuve. Dans un rallye historique, la performance se construit autant dans les liaisons et la préparation que dans les moments où le chronomètre s’enclenche.
Pour Pieri, la stratégie consiste à rester assez proche d’Astier pour saisir la moindre ouverture. Une attaque trop précoce peut fatiguer la mécanique ou conduire à une erreur ; une prudence excessive laisse au leader le temps de creuser l’écart. C’est un équilibre délicat, semblable à celui d’un chef d’orchestre qui devrait accélérer le morceau tout en empêchant les cuivres de prendre feu. La BMW M3 a déjà montré sa vitesse, mais la régularité sera le véritable examen.
Astier, de son côté, peut s’appuyer sur ses deux meilleurs temps pour aborder la suite en confiance. Sa Porsche 911 a été rapide dès le premier jour, mais garder l’avantage exigera de résister à la pression et de préserver la voiture. Saunier reste suffisamment proche pour profiter d’une erreur, tandis que les autres poursuivants peuvent entrer dans la bataille si les conditions leur sont favorables. Dans cette compétition, un incident mécanique peut rebattre les cartes aussi vite qu’un chrono exceptionnel.
Le Tour de Corse historique célèbre l’automobile ancienne sans la figer dans une vitrine : ces machines roulent, vibrent et se mesurent encore aux routes qui ont façonné leur légende. Les premières spéciales ont placé Astier en tête et Pieri dans son sillage. La suite dira si le Marseillais peut retrouver les commandes, mais une chose est déjà acquise : la course a commencé avec un vrai duel, et la Corse n’a pas fini de distribuer ses virages. 🔥
Source: www.corsematin.com


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