Hérault : investissements, rachats et nouveautés, les temps forts de l’actualité économique

À Vias, un tour de manège peut désormais résumer une partie des ambitions économiques de l’Hérault : le parc Fabrikus World veut presque doubler sa fréquentation, tandis que des entreprises biterroises, montpelliéraines et littorales préparent leurs prochaines étapes. Derrière les annonces d’investissements, de rachats et de nouvelles implantations, un même mouvement se dessine : consolider les activités locales, élargir leur clientèle et transformer des sites existants plutôt que se contenter d’attendre la prochaine saison.
Des loisirs au stockage, de l’affichage numérique aux équipements portuaires conçus pour accueillir la vie marine, cette actualité économique dessine un département où les secteurs avancent à des vitesses différentes, mais partagent une même volonté de croissance. Les projets annoncés ne promettent pas tous les mêmes retombées : certains misent sur l’emploi et la fréquentation, d’autres sur la technologie, la transition énergétique ou la diversification. Le tableau est vivant, parfois inattendu, et rappelle qu’une économie territoriale se construit aussi bien dans une boutique que sur un quai ou au bord d’un grand huit. 🎢
Hérault : Fabrikus World accélère ses investissements et vise 350 000 visiteurs
Un visiteur venu à Vias pour une journée tranquille pourrait bien découvrir que le parc a grandi depuis sa dernière visite : une attraction supplémentaire, un espace réaménagé, puis une autre raison de prolonger la sortie. C’est précisément le pari de Fabrikus World, qui compte aujourd’hui 25 attractions sur 7 hectares et ambitionne d’accueillir 350 000 personnes par an à l’horizon de cinq à dix ans, contre environ 200 000 actuellement. Le projet ne consiste donc pas simplement à ajouter un tour de manège ; il s’agit de faire évoluer le parc vers une véritable destination de loisirs dans le sud de la France.
La nouvelle trajectoire est liée au rachat de l’établissement par Jean-Marc Boucher, fondateur du groupe Qair, spécialisé dans les énergies renouvelables. Arrivé d’abord comme investisseur minoritaire, il détient désormais 95 % des parts. Ce changement de contrôle apporte un cap plus affirmé et s’accompagne d’un programme d’environ 30 millions d’euros d’investissements sur la décennie à venir. À terme, le site pourrait s’étendre sur 10 hectares et accueillir de nouvelles attractions, avec l’objectif d’allonger le temps passé sur place et d’attirer un public plus large.
Le directeur général, Luc Haberkorn, présente cette montée en puissance comme un chantier de long terme. Depuis 2021, 15 millions d’euros ont déjà été consacrés au développement du parc, alors que son chiffre d’affaires annuel s’établit autour de 4 millions d’euros. La priorité est donc double : améliorer l’offre pour soutenir la fréquentation, tout en travaillant à une exploitation capable de dégager un résultat positif. Ce n’est pas une course au nombre d’attractions, mais une recherche d’équilibre entre la qualité de l’expérience, les coûts d’exploitation et les recettes générées par chaque journée d’ouverture.
La fréquentation visée pourrait aussi bénéficier à d’autres acteurs du territoire. Quand un parc retient ses visiteurs plus longtemps, les restaurants, hébergements, commerces et prestataires de transport peuvent en ressentir l’effet. Encore faut-il que l’offre soit cohérente avec le séjour : une famille qui vient pour quelques heures peut être tentée de rester plus longtemps si les espaces, la restauration et les animations suivent. Fabrikus World cherche ainsi à peser davantage dans l’économie touristique locale, sans que les annonces permettent encore de chiffrer précisément les retombées sur l’emploi ou les entreprises voisines.
Le développement annoncé dépendra enfin de la capacité du site à renouveler régulièrement son contenu. Une attraction spectaculaire attire l’attention, mais l’envie de revenir naît souvent d’un ensemble de détails : circulation plus fluide, accueil simple, zones de repos bien pensées et nouveautés visibles d’une saison à l’autre. Dans cette logique, les investissements servent autant à agrandir le parc qu’à construire une expérience durable. Le grand huit économique de Fabrikus World aura donc un indicateur décisif : transformer ses ambitions de fréquentation en activité rentable et régulière. 🎟️

Entreprises de l’Hérault : One Box et Visual Factory misent sur la croissance
À Béziers, l’entreprise de self-stockage One Box s’attaque à un problème très concret : le manque de place. Un déménagement, des travaux, une séparation ou une activité professionnelle qui déborde des bureaux peuvent rapidement transformer un garage en partie de Tetris. Fondée en 2021 par Serge et Florent Castellanos, la société propose des espaces de stockage et entend désormais déployer son modèle au-delà de son implantation d’origine. Des projets sont visés à Bastia, Agde, Sète, Clermont-l’Hérault et Bourgoin-Jallieu, notamment à travers la franchise.
Le plan à dix ans distingue les centres détenus directement par l’entreprise de ceux exploités par des franchisés : les dirigeants visent une vingtaine de sites en propre dans le sud de la France, complétés par une soixantaine de centres en franchise. Cette formule peut accélérer l’expansion, car les partenaires locaux participent au déploiement tout en s’appuyant sur une enseigne et une méthode communes. Le modèle devra toutefois conserver une qualité de service homogène, de la réservation à l’accès aux box. Une enseigne qui grandit vite doit veiller à ce que la promesse reste aussi simple que le besoin auquel elle répond.
Les centres actuels affichent un taux de remplissage compris entre 80 % et 95 %, et les particuliers représentent environ 75 % de la clientèle. Ces chiffres donnent un aperçu de la demande, sans garantir automatiquement le succès de chaque nouvelle adresse : emplacement, accessibilité, sécurité et niveau de concurrence compteront dans chaque ville. Pour une famille qui stocke des meubles pendant des travaux comme pour un commerçant qui garde du matériel saisonnier, la proximité et la souplesse d’accès peuvent faire la différence. La croissance de One Box reposera ainsi sur sa capacité à adapter son implantation aux usages locaux.
À Montpellier, Visual Factory explore un autre type d’espace : la vitrine, l’accueil d’entreprise ou le hall de bureaux. Après plus de vingt ans consacrés aux enseignes et à la signalétique, l’entreprise lance Visual Factory Digital, une offre d’affichage dynamique. Les écrans peuvent diffuser des informations qui changent en temps réel, présenter une promotion dans une vitrine ou orienter le public à l’intérieur d’un bâtiment. Le support devient alors un outil vivant, plutôt qu’une affiche qu’il faut remplacer à chaque évolution de prix ou d’horaires.
L’entreprise rassemble sous un même interlocuteur le matériel, le logiciel de diffusion, l’installation et la création de contenus. L’offre comprend notamment des écrans sur mesure, des vitrines transparentes, des vidéowalls, des totems et des menus digitaux. Cette intégration peut simplifier le travail d’un commerce qui ne souhaite pas coordonner plusieurs prestataires pour faire fonctionner un écran. Le déploiement commence à Montpellier et dans son agglomération, avec une extension envisagée vers Nîmes, Sète et Béziers. Pour les clients, la nouveauté n’est pas seulement l’écran : c’est la possibilité d’actualiser rapidement leur communication. 💡
Ces deux trajectoires illustrent une économie de services qui se développe en répondant à des besoins quotidiens. One Box convertit le manque de place en service, tandis que Visual Factory Digital transforme les surfaces d’affichage en canaux de communication pilotables. Dans les deux cas, le passage à l’échelle dépendra de la fiabilité opérationnelle : un centre de stockage doit être pratique et sûr, un dispositif numérique doit fonctionner et rester facile à mettre à jour. La croissance se gagne moins dans le slogan que dans ces détails, répétés chaque jour.
Innovation dans l’Hérault : Urbasolar et Lineup Océan font évoluer leurs activités
Dans les énergies renouvelables, une cession d’actifs ne signifie pas nécessairement un abandon de projet. Le groupe montpelliérain Urbasolar a transféré à Corsica Sole sept centrales photovoltaïques et les équipements de stockage associés situés à La Réunion. L’ensemble représente 3,754 MWc de puissance photovoltaïque et 6,242 MWh de capacité de stockage. Les centrales, mises en service entre 2020 et 2021, ont été conçues pour répondre aux contraintes d’un territoire insulaire, où la production électrique ne peut pas s’appuyer sur les mêmes interconnexions que sur le continent.
Le détail géographique mérite d’être clair : malgré le nom de l’acquéreur, Corsica Sole, les installations concernées se trouvent à La Réunion, et non en Corse. Elles relèvent des Zones Non Interconnectées, où la production locale et le stockage contribuent à adapter l’approvisionnement aux besoins du territoire. La cession permet à Urbasolar de transmettre les actifs à un opérateur qui poursuivra leur exploitation. Pour un projet énergétique, la mise en service n’est pas la ligne d’arrivée : la maintenance, la gestion du stockage et la continuité de la production comptent tout autant.
Le président d’Urbasolar, Antoine Millioud, a présenté l’opération comme la poursuite d’engagements pris auprès des territoires et a rappelé l’expérience du groupe dans ces zones, notamment aux Antilles. Cette opération montre une facette moins visible des investissements : développer un projet, le conduire jusqu’à son fonctionnement, puis organiser sa gestion à long terme avec un autre acteur. Les cessions peuvent ainsi accompagner une spécialisation ou une réorganisation du portefeuille, à condition que les installations continuent de remplir leur rôle et que les engagements locaux soient respectés.
Sur le littoral héraultais, l’innovation de Lineup Océan s’intéresse non pas à la production d’énergie, mais à la rencontre entre les infrastructures portuaires et la biodiversité marine. Cette entreprise montpelliéraine à mission dévoile une gamme d’équipements biomimétiques conçus pour que les ouvrages puissent être colonisés par le vivant, sans interrompre l’activité du port. Les ports de Palavas-les-Flots s’apprêtent à déployer l’ensemble de la gamme, devenant ainsi un premier terrain d’application pour ces solutions.
Le principe est aussi concret qu’il est ambitieux : intégrer des formes et des surfaces pensées pour favoriser l’installation d’organismes marins sur des équipements portuaires. Les quais et les ouvrages restent dédiés à leur fonction, mais leur conception peut aussi prendre en compte les conditions d’accueil de la vie sous-marine. Robin Alauze, fondateur de Lineup Océan, présente cette étape comme un moyen de soutenir la résilience des infrastructures et la réhabilitation de la biodiversité. L’enjeu sera d’observer les résultats dans le temps : les équipements doivent résister aux conditions marines tout en remplissant leur fonction écologique.
Ces deux exemples montrent que l’innovation territoriale ne se limite pas aux logiciels ou aux laboratoires. Elle peut prendre la forme d’un actif énergétique transmis pour poursuivre son exploitation ou d’un équipement portuaire conçu différemment. Dans les deux cas, la réussite dépend de la durée : produire de l’électricité de façon fiable, ou accueillir durablement le vivant, demande un suivi après l’annonce. 🌊
Commerce et savoir-faire en Hérault : Primark et Clara Jung élargissent leur offre
À Béziers, le centre commercial Polygone prépare l’arrivée de Primark dans une cellule de 2 000 m² située au niveau Canal. Ouvert en 2010 et détenu par le groupe montpelliérain Ceiba, le site accueille ainsi une enseigne connue pour ses prix accessibles. Pour le centre, l’objectif est de créer une nouvelle locomotive commerciale, susceptible d’attirer davantage de visiteurs et de renforcer la fréquentation de l’ensemble des boutiques. Une enseigne de cette taille peut changer les habitudes de déplacement, mais l’effet dépendra aussi de la complémentarité avec les commerces déjà présents.
L’arrivée d’un grand magasin peut produire plusieurs effets en chaîne : des flux supplémentaires, une visibilité renforcée pour le centre et des besoins d’exploitation qui peuvent soutenir l’emploi. Elle ne garantit toutefois pas à elle seule une hausse identique de l’activité pour chaque enseigne voisine. Le défi du Polygone sera de transformer l’attractivité de Primark en occasions de visite plus larges, en facilitant le parcours entre les différents espaces et en donnant au public des raisons de prolonger son passage. Le commerce de centre-ville et celui des centres commerciaux évoluent dans un environnement où le prix compte, mais où l’expérience et l’accessibilité restent déterminantes.
À l’autre bout du spectre, Clara Jung développe une activité fondée sur la pâtisserie artisanale et l’identité de ses créations. Âgée de 34 ans, elle compte désormais quatre implantations : Montpellier centre, Castries, le Marché du Lez et Saint-Gély-du-Fesc, où une nouvelle adresse a ouvert fin juillet. Son parcours a débuté par des commandes, avant l’ouverture d’un premier lieu physique au Marché du Lez en 2019. Cette progression montre comment une activité peut passer d’une production à la demande à un réseau de boutiques, en s’appuyant sur une signature culinaire reconnaissable.
Les créations jouent sur les contrastes et les associations, comme une tarte à la figue, au yuzu et au sésame noir. L’offre s’est également élargie aux viennoiseries, tandis qu’une nouvelle marque de cheesecakes basques, Brulé, rassemble six produits. Une boutique dédiée doit ouvrir à Castelnau-le-Lez au début du mois de mai, et Lunel figure parmi les pistes évoquées pour une prochaine implantation. Chaque ouverture accroît la présence de la marque, mais soulève aussi des questions concrètes : maintenir la qualité, organiser la production et préserver le savoir-faire lorsque le nombre de points de vente augmente.
Le contraste entre une enseigne internationale et une pâtissière indépendante raconte bien la diversité du commerce héraultais. Polygone mise sur la capacité d’attraction d’une grande marque, tandis que Clara Jung développe une offre singulière portée par des produits et une histoire de création. Les deux modèles peuvent contribuer à l’animation économique, mais pas de la même manière : l’un agit par l’échelle et les volumes, l’autre par la proximité et la différenciation. Dans un département où le tourisme et la consommation locale se croisent, cette diversité constitue un atout à condition que chaque adresse trouve son public. 🥐
Mobilités et franchises : le réseau Twiice Auto et le groupe Grim se diversifient
À Saint-Aunès, près de Montpellier, une nouvelle agence franchisée de Twiice Auto applique une idée qui bouscule légèrement la vente automobile traditionnelle : mettre en relation deux particuliers et accompagner la transaction de bout en bout. Le réseau a été lancé en mars 2025 par Alexandre André. La nouvelle agence est portée par Joseph Jeannerod et Paul Connes, deux franchisés âgés de 25 ans, qui reprennent le modèle pour les voitures comme pour les motos d’occasion.
Le vendeur fixe lui-même le prix de son véhicule et le conserve tant que la transaction n’est pas finalisée. Les franchisés se chargent des étapes de la vente, depuis l’accompagnement jusqu’à la mise en relation avec un acheteur. Le concept emprunte ainsi certains codes à l’agent immobilier : le propriétaire garde la maîtrise de son bien, tandis qu’un intermédiaire organise le processus. Cette formule peut rassurer des particuliers qui souhaitent vendre sans gérer seuls les échanges, les visites et les démarches, tout en évitant de laisser leur voiture immobilisée avant la vente.
Pour l’agence, la qualité du service sera au cœur de la réputation. Une transaction entre particuliers demande de la transparence sur l’état du véhicule, la clarté des conditions et une bonne coordination entre vendeur et acheteur. Le franchisé doit donc apporter une valeur réelle, au-delà de la simple mise en contact. Le développement du réseau dépendra de cette capacité à rendre une expérience parfois stressante plus lisible et plus fluide. Dans l’automobile d’occasion, la confiance n’est pas un accessoire : c’est le moteur qui permet à la vente de démarrer.
Le groupe montpelliérain Grim, connu pour ses concessions automobiles, élargit lui aussi son terrain de jeu. Sur le site de l’ancien MINI Store de Lattes, il accueille un magasin de plus de 350 m² entièrement consacré aux vélos et équipements Specialized. Baptisé Ride & Co Specialized Montpellier, l’espace propose une vitrine à une marque spécialisée dans les vélos, les accessoires et les équipements du cycliste. L’ouverture s’inscrit dans la transformation du site, où l’automobile côtoie désormais de nouvelles formes de mobilité.
La concession Mini a, de son côté, rejoint la concession BMW voisine, dans le cadre d’une évolution du concept de distribution. Le groupe souhaite organiser ses espaces autour d’une expérience plus accueillante et immersive, avec davantage de place accordée au conseil et à la relation client. Ce réaménagement traduit une adaptation des concessions aux attentes actuelles : l’achat ne se résume plus à regarder un véhicule aligné dans un vaste hall. L’accueil, la découverte des produits et l’accompagnement dans le choix prennent une place croissante.
Réunir sous un même groupe l’automobile et un magasin de vélos Specialized peut sembler surprenant, mais cette diversification répond à un paysage de mobilité plus varié. Les trajets ne se font pas tous de la même façon, et les clients peuvent s’intéresser à plusieurs modes selon la distance, l’usage ou le loisir. Pour Grim, l’enjeu est de créer une offre cohérente sans brouiller l’identité de chaque activité. Pour Twiice Auto, il s’agit d’étendre un service de transaction avec une approche locale. Deux chemins différents, une même question : comment rendre la mobilité plus pratique et plus proche des besoins réels ? 🚲
Source: www.midilibre.fr


Laisser un commentaire